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 Rubin Steiner

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le sha nware
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MessageSujet: Rubin Steiner   Dim 30 Juil - 9:11

Très tôt, Frédérick Landier, avec un K comme dans BlacK Flag et Big BlacK a su qu’il voulait faire de la musique. Non pas du surf comme ce con de David Charvet, mais de la musique. Pour autant, le jeune garçon était doué pour le skate.

A 12 ans, il bricole dans sa chambre, s’adonne aux joies du cut-up façon Burroughs/ Schaeffer et parvient à l’instar de Judas Priest et de Queen, en passant les disques de Einsturzende Neubauten à l’envers à se trouver un nom dans la lecture de fractions de titres ; Niebuhr Rehniets [NIBUR RENIETS] qui donne Rubin Steiner par effet de miroirs. Toutefois, les avis ne sont pas scellés ; les querelles d’experts autour de la genèse du pseudonyme de l’artiste font encore rage ; certains préférant l’autre thèse attribuant son surnom à la passion de ses parents pour le chanteur disparu Mike Brant (Rubin Steiner, cousin par alliance de Brant CQFD) .

Toujours est-il que Rubin Steiner a à présent une existence, reste à lui trouver une destinée.
L’enfant terrible de l’asphalte, donc, Fredérick Landier avec un K comme dans Kraftwerk, abandonne le bitume et la wax à la suite d’une mauvaise réception et s’adonne corps et âme à son autre passion, la musique. Nous sommes en 89 ; il enregistre des home-tapes à deux mains des Dead Kennedys, Rapeman, Cult Hero, Mule, Pixies, Nirvana, Stereolab et de Fugazi pour ses potes de collège. C’est l’époque de l’emocore sauce Washington et du hard-core californien, des Vans pourries et des bières pour prolétaires à fortes consonances strasbourgeoises.
Sa passion du hard-core et des musiques intransigeantes et inespérées l’amène tout naturellement sur les ondes de la radio libre locale (Radio Béton) avec une émission enjouée et sérieuse (Nuisances Sonores) où déjà, à l’époque, on peut y entendre l’ossature naturelle de ses goûts musicaux et de ses penchants pour l’éclectisme. Du micro à la plume, il n’y a qu’un kick flip qui l’amène à s’improviser rédac-chef du fanzine le plus brillant et déglingué de la décennie 90’, le Stéréophile, sorte de collectif foutraque de talents et de visions subversives sur la culture indé (ou pas), mainstream (ou non), underground (mais pour rire). Un condensé de vies et d’intégrité, un bordel de musiques amusées et savantes, de références chiadés et distraites, qui le mènent jusqu’à la case Merz, et à quelques expériences uniques (concert privé d’Autobahn dans une voiture sur le périph, entre autres).

Pour autant, ce dernier a en tête des rêves d’assemblages de sons baroques, d’accouplements irrévérencieux entre Mingus, Daft Punk et les Beastie Boys, de coït mélodique fortuits entre Public Enemy, Sonic Youth et Coltrane. Ça sera Lo-fi Nu jazz (UHS, 1998), petit disque auto produit inventif et innovant qui porte en germe le savoir faire et le talent du jeune homme. Un petit coup d’essai qui sonne comme un coup de maître.

S’en suit le « Dancing music Show » (près de 50 dates) dont ce live sauvage à Lusignan en compagnie de Placido en Août 1999, lui permettant quasiment de s’attribuer la paternité du « bootleg », 3 ans avant ces rigolos de 2 many DJ’s, avec un condensé de cross-over, où George Benson, Joey Starr, George Michael, entre autres, se frottent et se chevauchent. La suite du premier album, dans une logique toute cartésienne sera Lo-Fi Nu Jazz Vol.2 tiré initialement en catimini sur Un Hiver Sale/ Platinum et qui permet au jeune homme de se distinguer auprès de la presse nationale et extra-nationale et d’enchaîner vinyles, 45 tours, maxis et compiles à une cadence effrénée.

La sortie de Wunderbar Drei en mars 2002 vient confirmer cette heureuse ascension, marquant également la constitution du Rubin Steiner Quartet pour les concerts, avec en sus de Rubin aux machines, une contrebasse mutante (Sylvestre Perusson), un trombone décadent (Benoit Louette) et François Pirault en V-jay, pour des sets électro-jazz retentissants.


L’album est un subtil recueil de genres et de styles, ni tout à fait jazz, ni rock, ni hip-hop, ni même bossa ou rétro (charleston…). De cette équation de négations, Rubin Steiner fait émerger un théorème sonore lumineux, une démonstration musicale inattendue et anti-conformiste, éclipsant pour le coup les catégories et mettant en relief le travail mélodique unique de son auteur.
Wunderbar Drei, encensé par la critique et célébré par le public nombreux qui se presse aux concerts, est d’un esthétisme graphique et musical redoutable, plaçant un gallon au dessus du niveau de la Loire l’artiste tourangeau dans la myriade de projets analogues de cette scène électronique Française.
A la façon d’un poème de Prévert, concerts, collaborations, noms de lieux, patronymes exotiques, sites de festivals et de villes s’enchaînent et s’entrelacent pour former une étrange litanie surréaliste: Brésil, TTC, Turquie, Wevie Stonder, Russie, Arthur H, Mr Neveux, Place du colonel Fabien, Espagne, dj Scissorkicks, Casamance, Gonzales, Ninja Tune, Présidentchirac, Grand Popo Football Club, Canada, Loo & Placido, Robert le Magnifique, Suisse, Japon, Mme Douze, Allemagne, Mr Quark, Angleterre, DJ Vadim, Dj Spooky, la Bretagne, Nestor is Bianca, Montreux, Cinemix, etc.…
Les projets se multiplient et éclosent ; on le voit ici remixant Dit Terzi, Julien Ribot, Bosco, Arthur H, là prêtant son concours et son soutien à de multiples structures tels que l’excellent label Travaux Publics, Les Rockomotives… dernièrement, on le surprend remixant le catalogue Ici D’ailleurs (Bästärd, Married Monk, Tiersen & co) pour le projet Oumupo et réaliser des cinémix sur « L’inconnu » de Tod Browning, film muet de 1927. Pour l’anecdote, un designer Japonais ira même, en s’inspirant de sa musique, jusqu’à confectionner une ligne de fauteuil à son nom.

Certains titres (Guitarlandia) confiés à la crème des remixeurs de Ninja Tune entérinent en 2003 le caractère international de son statut et renforcent sa légitimité hexagonale faisant ainsi mentir l’adage qui voudrait qu’on ne soit pas prophète en son pays.

Drum Major !, à paraître en Février 2005 est à l’image de son créateur, irrespectueux et ingénieux, permutant les genres, fauchant les chapelles sur fond d’une dualité géniale entre soucis de la composition (évidence mélodique) et rigueur de la production (complexité des arrangements). Drum Major ! dresse à nouveau et plus que jamais de splendides accointances entre hip-hop old-school, électronique éclairée et déviante, jazz narcoleptique, exotica foutraque, bigbeat hallucinées et punk rock noisy viscéral... Ce nouvel album a une densité rythmique palpable et garde une unité de corps plus marquée que son prédécesseur.
Une déferlante de sons à géométrie capricieuse, de voix perverties et trafiquées, de circonvolutions de rythmes syncopés, instables ou réitératifs, d’appendices de musiques concrètes, de hip-hop macadamisés, d’instants confinés et de Saudade évanescente composent le maillage abstrait et l’univers coloré de ce nouveau disque qui a décidément la grande classe.
On passe de morceaux géniaux et incontrôlables (Your life is like a Tony Conrad concert, Ten Drummers Back, Put your horn in your ass and pull off), suant l’asphalte et l’urbanité, à des leçons et délires d’easy-listening et de grooves catatoniques (Murderation, An introduction to sweet music, My own style) ou emprunts d’une fébrilité toute féminine (Que Bonita es la vida, Universe).
Drum Major ! s’inscrit dans le long sillage de cette famille de créateurs désinvoltes et extravagants que sont les Beastie Boys, Esquivel, Death In Vegas, Jimi Tenor, Blackalicious ou encore Prefuse 73 et Fourtet. A moins qu’il n’en soit simplement l'habile synthèse.

A album radical, (nouvelle) structure scénique radicale en la présence de la NEUE BAND, collectif de talentueux branleurs en formation serrée (sampleur, laptop, guitare et chant (Rubin), batterie, synthé jouet (Boogers),trombone (Oliv’yeah Claveau) et Sylvestre Perrusson qui troque la contrebasse pour la basse. Une formule qui donne une tournure incandescente (l’effet punk rock), ardente (effet jazz-exotica) et puissamment dansante (contre effet hip-hop-électronique) aux nouvelles compositions.

FrédéricK-Rubin Steiner, avec un K comme dans Koltrane exotiKa et un S comme dans Sun Râ et MuSh, inlassable concepteur de paysage sonores, vient botter le cul de nos sens et sortir nos esprits de la torpeur et de la léthargie dans laquelle ils s’étaient confinés en ce début d’année 2005.
Du travail, du talent, une élégance de style pour une attitude qui semble se fondre dans cet aphorisme taillé à sa mesure : « Le génie, c’est 18 heures de travail par jour… et puis 3 paquets de clopes et 2 packs… »

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